Joindre l’utile à l’agréable avec la permaculture

Joindre l’utile à l’agréable avec la permaculture

Longtemps boudée par les professionnels du secteur primaire, la permaculture n’a pas encore dit son dernier mot. L’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) a révélé les résultats d’un test de quatre ans qui mis à l’épreuve la viabilité économique de ce concept.  Verdict ? La permaculture permettrait de réduire notre empreinte carbone, mais aussi et surtout de générer des bénéfices, ce qui ouvrirait la voie vers son application à certaines régions pilotes dans l’Hexagone. Eclairage…

Des résultats prometteurs…

De 2011 à 2015, une équipe de chercheurs de l’INRA a testé la permaculture dans une petite parcelle de 1 000 m² en Normandie, dans la ferme du Bec Hellouin qui compte des serres, un verger et un jardin. Ils en ont conclu que les agriculteurs qui disposent de parcelles de terre arable de cette superficie sont dans la capacité d’obtenir un excellent rendement sans pour autant recourir aux machines, tout en générant des bénéficies oscillant entre 900 et 1 600 euros nets par mois.

Pour ce faire, un travail de 43 heures hebdomadaires est nécessaire, sans oublier les démarches administratives et commerciales qui accaparent un tiers du temps de travail d’un agriculteur en circuit court*. La permaculture privilégie en effet ce mode de commercialisation directe parce qu’il permet de rentabiliser la production en éliminant au maximum l’intervention des intermédiaires. Mais outre son attrait financier, la permaculture crée également des emplois et favorise les liens sociaux entre les producteurs et leurs clients.

Les techniques de la permaculture ont donc prouvé qu’elles sont économiquement viables et eco-friendly, notamment pour les petites exploitations agricoles. L’agriculture et l’agro-alimentaire sont au cœur des enjeux pour la transition écologique et sont donc appelés à se transformer dans les prochaines années en prenant en compte leurs effets sur la santé et l’environnement. La permaculture est en ce sens une réponse réaliste à ces problématiques.

La permaculture : dans le respect des paysages et des écosystèmes

Bien qu’il soit connu et apprécié par les altermondialistes, ce mode d’agriculture demeure un mystère pour le grand public. La permaculture consiste à produire bio dans le respect du paysage et des écosystèmes, en minimisant l’utilisation des machines, des engrais, des pesticides et autres produits nocifs pour l’environnement. Elle fait appel à l’agroécologie, à la construction écologique et aux énergies renouvelables. Elle se caractérise également par sa capacité à s’adapter aux particularités et exigences de chaque terroir et de chaque région.

En réalité, il s’agit plus d’un retour aux sources que d’une (r)évolution : nos ancêtres parvenaient à obtenir des produits agricoles de bonne qualité et à des quantités satisfaisantes sans nul besoin de recourir aux techniques et produits utilisés actuellement qui causent beaucoup de tort à l’environnement mais aussi à la santé. Les adeptes de la permaculture préfèrent, à titre d’exemple, utiliser les vers de terre pour labourer le sol. Ils sont également adeptes des plantes riches en azote (fèves, haricots et trèfles) pour fertiliser leurs terres, reléguant les engrais au second plan.

* : Un circuit court est un mode de commercialisation des produits agricoles qui consiste soit à vendre directement les produits, du producteur au consommateur, soit à vendre indirectement, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Aujourd’hui, 21% des producteurs préfèrent vendre leurs produits en circuit court.

Voter pour cet article: 
5
Average: 5 (1 vote)
237 vues

Ajouter un commentaire


Soumis par CHM le ven, 09/23/2016 - 11:55