Quand les lois anti nudité menacent une civilisation

Quand les lois anti nudité menacent une civilisation

En Europe, et non sans mal, la nudité partagée, même si elle n’a pas toujours bonne presse est relativement bien tolérée par la population comme par les pouvoirs publics, certains pays scandinaves ayant même mis en place des lois autorisant le nu en ville, notamment dans les parcs. Si l’on se penche sur ce qu’il se passe en dehors de nos frontières, c’est une autre histoire. Excès de pudeur, puritanisme, sociétés brimées, et lois répressives, les ennemis de la liberté individuelle font choux gras. Rien de très surprenant au fait que le naturisme soit surtout une pratique Européenne, liée à notre histoire. Plus inquiétant toutefois de constater que certaines lois pourraient mettre en péril l’existence de tout un patrimoine traditionnel et culturel pour cause de nudité. Explications…

Les papous sommés de se rhabiller

En Indonésie, une nouvelle loi anti pornographie viserait directement les traditions séculaires de toute une tribu, celle des papous qui évoluent depuis la nuit des temps vêtus de plumes et d’un Koteka, pour les hommes, destiné à protéger leur sexe.
Oui mais voilà, bien qu’ils vivent reclus et n’aient que très peu de contact avec le monde extérieur, leurs tenues jugées obscènes et leur nudité provocatrice feront bientôt l’objet d’une interdiction. Une loi contraire aux valeurs culturelles du peuple indigène qui remettrait en cause toute une civilisation voire menacerait sa pérennité.

Une nudité primitive

Faisant partie de la tradition, la nudité ne revêt aucun caractère sexuel chez les papous. Elle est vécue comme quelque chose de naturel, comme l’un des fondements des relations sociales, vecteur de partage.
Se pose ainsi la sempiternelle question : Tradition ou innovation ? Car c’est en effet derrière cet argument que le gouvernement indonésien se cantonne. En effet, entre 1971 et 1972, une loi similaire obligeait les papous à se vêtir d’éléments plus « modernes ».
Toutefois, ce peuple séculaire, ne compte pas dans ses placards le savon ou toute autre sorte de produit d’entretien pour nettoyer ces vêtements. Ainsi, les maladies se sont bien vites développées, générant des maladies de peaux, des irritations, et autres désagréments.  Le projet avait donc était abandonné, et considéré comme inadapté à la civilisation recluse.

En résumé, la situation nous laisse perplexes : si l’on en vient à s’attaquer à ce qui a fait l’histoire d’un peuple, sa culture et ses rites, ne serions-nous pas en droit de nous inquiéter pour les droits et les libertés humaines ?

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Soumis par CHM le mer, 05/20/2015 - 10:00